L’essor de la fromagerie HIVERT-ROYER du Château

1938.

Cette année-là, la kermesse annuelle ne se déroulera pas comme le veut la coutume dans les prés de la Salmonière, à proximité du bourg. Le comité d’organisation présidé par l’abbé AUMAITRE a vu plus grand. C’est une fête de l’aviation qui aura lieu le dimanche 31 juillet 1938.Le tout Saint Julien est invité à se déplacer aux « Prés Chauveau » une grande pleine herbagée en direction de Thouaré. Un programme alléchant est proposé.

Le Phare de la Loire du 26 juillet 1938 – Retro news BNF

Lors de cette manifestation, les deux fromageries du château sont conviées à exposer et à vendre leurs produits (beurre et fromages). Louise Hivert et Alexandre Royer ont accepté l’invitation même si leur stand de vente est contigu à celle de leurs voisins et concurrents Cesbron.

En cette année 1938, malgré la concurrence, la fromagerie familiale « HIVERT-ROYER » du château a peu à peu repris son essor ces dernières années. En 1931 Alexandre ROYER avec l’appui de sa femme Louise HIVERT a repris la fromagerie. Il abandonne  alors son métier de charron au bourg et revient habiter « au Château ». En effet, à la fin de l’année 1930 Alexandre a dû racheter l’entreprise moribonde à son beau-frère parisien Auguste ; la fromagerie est exploitée  par Eugène un de ses autres beaux frères ainsi qu’un neveu Julien Rousseau.

Affiches régionales de l’Ouest de déc.1930 – ADLA

Le mariage de Julien ROUSSEAU avec sa cousine Denise ROYER, seule enfant du couple ROYER-HIVERT, à l’automne 1933 va permettre de développer la main d’œuvre de la fromagerie.

Mariage de Julien ROUSSEAU et Denise ROYER le 2 octobre 1933 – Photo Gustave Pétard.Marie HIVERT, la grand-mère des mariés est à la droite de Julien – Alexandre et Louise, les parents de Denise sur sa gauche.

Avec la naissance de Micheline, la première fille de Denise et Julien en 1935, ils seront 4 générations à vivre sous le même toit au « Château ». (voir généalogie ci après)

Avec Marie-Josèphe, la sœur de Julien et Pierre Hivert et sa femme Mélanie, ils sont désormais sept personnes de la famille à travailler à la fromagerie

Pierre et Mélanie HIVERT et Marie Joseph Rousseau
Extrait du recensement en 1936 de St Julien de Concelles, le village du Château– ADLA 

L’autre fromagerie du Château, c’est aussi une entreprise familiale. D’abord associés pendant plus de 20 ans, les deux beaux-frères, Pierre Hivert et Louis Cesbron (mariés respectivement à marie et Clémentine BIRY) se séparent en 1912.

Le fils du second, prénommé Louis également et son beau-frère Alexandre BÉNUREAU, époux de Clémentine CESBRON, dans les années 20 et 30 feront fructifier l’entreprise mettant  à mal la fromagerie HIVERT. Au début des années 1930 la main d’œuvre de la fromagerie est supérieure à celle de leur voisin car en plus des deux couples y travaillent quatre permanents Paul NIELASSOF, Raymond LE CAM, Pierre GUILLET et Baptiste BOUYER.

On reconnait Alexandre BÉNUREAU, sur le marchepied du premier camion à gauche, Pierre GUILLET et Paul NIELASSOF sur la charrette à cheval, Raymond LE CAM et Louis CESBRON de chaque coté  du second camion à droite – Photo Gustave Pétard

A elles deux les laiteries du Château collectent plus de 10 000 litres de lait par mois en 1938 qu’elles transforment en beurre et fromages. La concurrence est toujours exacerbée sur la marque « fromage du curé » dont chacune désormais en revendique la paternité. 

Etiquettes de marques du fromage du curé Hivert-Royer et Cesbron-Bénureau – ADLA

Mais revenons au dimanche 31 juillet 1938. Si l’ensemble des produits proposés à la vente ont été vendus, la fête de l’aviation a fait un flop comme l’écrit Marie GOUY dans sa lettre à Gabrielle HIVERT au début du mois d’août de cette même année.

D’ailleurs la semaine suivante le vicaire AUMAITRE, au nom du comité d’organisation a envoyé une lettre de mécontentement au président de l’aéro-club nantais responsable de la prestation.

L’Écho du dimanche du 7 aout 1938 – ADLA
De  gauche à droite le curé TISSEAU en  2ème position et le vicaire AUMAITRE en 4èmedevant la cure de St Julien – Photo Gustave Pétard

Cet évènement fut vite oublié à Saint-Julien. Mais à l’automne « un vol » d’un autre ordre défraya la chronique et fût l’objet de toutes les conversations du dimanche matin, chacun de se moquer de la naïveté d’un des fromagers de Saint-Julien.

L’Écho du dimanche du 7 aout 1938 – ADLA

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