L’album de famille de l’année 1937 et la communion d’Armand Pétard

1937.

Gabrielle reçoit une lettre écrite le 4 mai 1937 de son amie de jeunesse Marie ALLEAU-GOUY.

Depuis plus de dix ans les deux femmes échangent une correspondance régulière.

En se mariant en 1928 avec Henri GOUY, Marie a quitté son travail d’institutrice à Nantes chez les HERSART DE LA VILLEMARQUE. Elle a rejoint Paris où Henri occupe un poste de dessinateur industriel. 

Au fil des ans et de leurs échanges, Marie évoque sa vie à Paris, la naissance de ses enfants, comme la surprise de son premier accouchement, rue de Savoie. Deux jumeaux sont nés, Henri et Jeanne. « Même les médecins ont été surpris car les enfants étaient très petits » lui a écrit Marie en juin 1929.

« Bonne nouvelle ma chère amie nous allons venir en Loire-inférieure désormais régulièrement, rapporte Marie en avril 1933, nos petits Parisiens ont besoin d’iode et avec Henri nous avons acheté un terrain au Pouliguen, rue des cottages, pour y construire notre maison de vacances ».

Marie Madeleine, la 3ème enfant du couple, est née 5 années plus tard en 1934. Cette même année Marie fait part à Gabrielle de la maladie de son fils Henri « les suites d’une « rougeole rentrée l’a amené à être handicapé des pieds, ce qui le condamnera à porter des chaussures spéciales sans doute toute sa vie ».

De son coté Gabrielle évoque dans ses correspondances avec Marie la vie de Saint Julien même si  cette dernière est informée elle aussi de tous les grands événements par le bulletin paroissial hebdomadaire qu’elle reçoit également par courrier chaque semaine. Gabrielle y raconte sa vie à la Guilbaudière avec sa maman, Clément et Auguste et au fil des saisons parle des cultures et vendanges. Elle se montre en revanche très discrète sur les problèmes rénaux qui  la rongent mais si elle rapporte en février 1933que « le docteur Auvigne semble confiant sur mon état de santé même s’il m’a indiqué que pour le moment il n’était pas recommandé de m’imposer la fatigue d’une grossesse et d’un  allaitement ». Marie sera l’une des premières à transmettre un message d’amitié et de compassion à Gabrielle et Clément lors du drame de la perte d’un enfant lors de l’accouchement au début du mois d’octobre 1934. 

Mais revenons en 1937 et la lettre de Marie écrite dans l’appartement du 30 rue de Grenelle à Paris 7ème où sa famille a élu domicile depuis un an.

« Ma chère Gabrielle, 

Par le bulletin, j’ai appris qu’un deuil s’était abattu sur votre famille. C’est de tout cœur que je vous envoie mes sincères condoléances et samedi, j’unirai mes prières aux vôtres. Il est encore jeune votre oncle ; a-t-il été longtemps malade ?

Dans une dernière lettre je te parlais de nos inquiétudes au point de vue travail. Le 31 mars en effet mon mari était prévenu que le bureau fermerait le 15 mai à moins d’une commande inespérée. Rien n’étant venu depuis, le patron a dit l’autre jour son regret à Henri d’être obligé de fermer. Il y a du travail à finir jusqu’à la fin du mois cependant après il sera nécessaire de chercher ailleurs.

Nous avons déjà commencé à chercher mais les places sont tellement rares pour ne pas dire introuvables. Enfin, il ne faut pas se désespérer. Nous vivons vraiment une triste époque ! Quel fléau tout de même ce manque de travail ;  avoir la santé, la force de travailler et ne pas trouver à employer ses capacités. Il y en a tant déjà qui souffrent de cela !

Nous verrons-nous cette année ? Il est certain que si mon mari n’a plus de travail,  la première suppression à faire ce sera les voyages. Mais pourquoi ne viendriez vous pas à l’exposition ? Ce sera intéressant paraît-il ; quand tu seras fatiguée, tu resteras avec moi, ici nous sommes très tranquilles et nous n’entendons aucun bruit. Je me demande quand elle ouvrira cette exposition. Tout est encore à peu près à l’état de chantier. Henri dit que tout sera fini pour le 1er juin !

Leur semaine de 40 heures, les grèves ont donné en somme un bon résultat. C’est la CGT qui mène la France depuis le gouvernement du Front populaire ! Quelle pitié que tout cela ! Comment nous en sortirons-nous ?

Mes amitiés à ton mari. Je t’embrasse de tout cœur ainsi que ton petit Auguste

Marie » 

Le mois suivant, Gabrielle répond à son tour à la lettre de Marie.

« Ma chère Marie, 

Merci pour ta lettre du mois dernier. Avec Clément nous espérons de tout cœur que la situation d’Henri va s’améliorer et qu’il pourra rapidement retrouver du travail.

Alexandre, notre jeune oncle est parti en effet trop vite. Il n’avait que 59 ans et la maladie l’a emporté en quelques semaines. Avec Tante Marie, son fils va prendre les rênes de la ferme mais il a seulement  15 ans. Marie Julia sa sœur aînée va partir de la maison. Elle se marie le mois prochain avec Raymond Rousseau du Planty. Nous serons de la noce et je te donnerai quelques photos l’été prochain car j’espère quand même que vous prendrez quelques jours de vacances sur la côte.

Merci pour ton invitation de monter à Paris, mais l’ouvrage du printemps et la santé fragile de maman ne me permet pas beaucoup de bouger.  Ici la vie s’écoule doucement. Le ramassage des haricots débute à peine et la saison s’annonce bonne avec le retour du beau temps après le passage pluvieux du mois précédent.

Le mois dernier, le dimanche 16 mai nous avons assisté à un très beau spectacle au parc de la Salmonière. Notre société de Gymnastique de l’Hirondelle avait invité plus de 300 gymnastes. Auguste était impressionné par les spectacles donnés et le numéro de clowns qui ponctuait les différentes représentations. 

Jeudi 17 juin nous nous sommes tous réunis à La Saulzaie à La Chapelle-basse-Mer  pour la communion et la confirmation de notre neveu Armand, l’aîné de Germaine et Jean-Marie. Une belle cérémonie en présence de notre évêque.

Auguste était très content de retrouver et de jouer avec ses cousins même si Pierre un de ses cousins du même âge que lui est un peu turbulent et l’a un peu agacé. Armand par contre est  un garçon posé et sérieux. Il finit ses études primaires et il a confié à Clément son désir de suivre plus tard ses études au petit séminaire.

Comme je te l’ai dit plus tôt, j’espère que nous pourrons nous voir cet été pour partager ensemble des bons moments. La photographie c’est vraiment formidable ! Je collecte les clichés et les classe par années pour garder des souvenirs. 

Je t’embrasse ainsi que tes enfants. Mes amitiés à Henri.

Gabrielle                 


L’album photo de l’année 1937

Gabrielle et Marie n’ont pu finalement se retrouver qu’au moment des fêtes de Noël à Saint-Julien. Ensemble elles ont pu feuilleter l’album de famille et revivre un instant les moments forts de cette même année 1937.

Gabrielle et Auguste à La Guilbaudière – Germaine et Jean-Marie et leurs enfants
La communion d’Armand : Jean Marie et les grands parents AUBERT PLACIER, Gabrielle, Armand, Germaine et Clément.
Au premier rang de droite à gauche : Marie, Auguste, Antoine, Jean, Pierre et Jean FOULONNEAU, neveu de Gabrielle.

Le mariage de Raymond ROUSSEAU et Marie-Julia Pétard le 18 juillet  1937 – Monique BADEAU et Auguste avec Marie-Julia
Les enfants PÉTARD de la Saulzaie
Pierre et Marie PÉTARD – Auguste entouré de deux amis à la Guilbaudière

Généalogie Pétard Hivert de 1937

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