« Le rebelle »

1962.

Depuis 3 ans Auguste HIVERT adhère au syndicat CDJA (Centre départemental des jeunes agriculteurs). D’abord délégué cantonal il a laissé la place en cette année 1962 à Auguste Ménard car depuis deux ans Auguste, notre père, a pris des responsabilités au sein des instances fédérales départementales du mouvement.

Médard LEBOT, l’animateur départemental du syndicat à l’époque, se rappelle : « Auguste HIVERT et quelques autres faisaient partie des hommes neufs car c’était souvent des notables qui étaient aux responsabilités des instances dirigeantes départementales et nationales ». 

René PHILIPPOT, alors président départemental du syndicat se souvient : « Nous étions quatre au sein du bureau avec René GUITTON comme secrétaire général et deux vice-présidents Auguste, donc, et A. MENET.  Il y avait des personnalités marquées au sein du CDJA de l’époque, comme Bernard LAMBERT et Bernard THAREAU. Auguste était quelqu’un de très méthodique qui avançait toujours bien ses arguments alors que Bernard Lambert était bordélique au possible en lançant une idée à la minute ».

René Philippot, deuxième à partir de la droite et Auguste Hivert, debout – Photo CHT Nantes

 « Notre mouvement de jeunes avait 4 pages à alimenter tous les 15 jours dans le journal du syndicat « Le Paysan Nantais ». Je pense que c’est Auguste qui a eu l’idée d’y faire un petit éditorial sous le pseudonyme « Le rebelle ». En fait, avec Auguste nous échangions avant sur le thème, la posture et la chute de l’article. Souvent c’est Auguste qui mettait la dernière main à l’article car il avait une vraie plume ».

« Mais ce n’était pas toujours évident. Même si on se voyait toutes les semaines on s’écrivait souvent, l’un commençait la trame de l’article, l’autre le complétait… car nous habitions à 50 km l’un de l’autre, moi à Treffieux dans le Nord du département et Auguste en Sud-Loire à Saint Julien de Concelles.

Paysan Nantais du 12 mai 1962
Paysan Nantais du 26 mai 1962
Paysan Nantais du 9 juin 1962

Paysan Nantais du 23 juin, du 28 juillet et du 15 septembre 1962

« Notre propos ne plaisait pas à tous en particulier à nos aînés de la FDSEA, aux notables de l’agriculture et aux décideurs locaux », confirme René. « Beaucoup de courriers sont arrivés après publication de notre article sur « la lettre aux présidents ». Si bien que nous avons envoyé un éditorial de justification le mois suivant… »

René Philippot en 1962
Paysan Nantais du 25 août 1962
Paysan Nantais du 29 septembre 1962

« Loin de nous démobiliser, cet épisode nous a boostés. Auguste, plus que moi, aimait bien déranger l’ordre établi » poursuit René « De cette complicité est née une véritable amitié, nos épouses militaient dans les mêmes mouvements. Nous avions des enfants du même âge et nous avions plaisir à nous rencontrer ».

Auguste Hivert en 1962

    

Paysan Nantais du 29 septembre, du 27 octobre et du 10 novembre 1962

Paysan Nantais du 13 octobre 1962

René précise : « En 1963, nous avons poursuivi les articles signés « le Rebelle » mais de façon plus espacée, au rythme d’une fois par mois. Auguste a quitté ses responsabilités fin 1963 ce qui a mis fin à notre mission d’éditorialistes anonymes ».  

Paysan Nantais du 22 décembre 1962

Merci à René qui m’a reçu plusieurs fois entre 2012 et 2016.

René est décédé en 2017. Lui et sa femme nous ont laissé un beau témoignage à travers un film de l’INA « Le GAEC de la Cordée »   

1 réflexion sur « « Le rebelle » »

  1. Bravo pour cet article sur Auguste le rebelle !

    On aurait aimé que le(s) rebelle(s) finissent par avoir raison comme indiqué dans l’article « Rebelle qui es-tu ? ».

    Légèrement stéréotypé l’article sur les femmes 😉, mais cela doit correspondre à une certaine époque…

    Et très audacieuse la lettre au(x) président(s) ! Elle fait penser à celle d’un certain Boris Vian.

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