1952.
« Dans l’esprit des coupes de la joie de la JAC, on a mis dans le coup plus de 150 jeunes à St Julien, avec les feux de la St Jean puis les séances de variétés » dit Mado PRAUD, militante à l’époque de la JACF.
Dans le cadre de ces séances, à la fin de l’année 1952, Auguste HIVERT décide de monter un groupe de variétés appelé « les 4+1 » avec 4 autres jeunes de Saint-Julien-de-Concelles : Maurice LEFEUVRE, Jacques BOURDIN, André PÉTARD et Jean Clément PRÉAUDEAU.
« Ma rencontre avec Auguste se situe en 1952, on passait beaucoup de temps en veillée à écouter la radio, on refaisait ensemble un peu le monde » raconte Maurice LEFEUVRE, qui ajoute : « Notre principal sujet de discussion avec Auguste portait sur la formation des hommes, la formation professionnelle certes mais aussi la formation globale qui inclut l’ouverture sur la culture, en étant acteur de ses loisirs… Il avait une véritable passion pour l’animation. Il prônait une culture « impliquante », pas une culture de consommation mais une culture dans lequel il fallait être acteur ».
Jacques témoigne lui aussi : « J’ai démarré le groupe en 1953 à 17 ans (je suis né en 1936). Auguste avait 7 ans de plus que nous. Il cherchait des jeunes capables de faire des choses ensemble sur le plan de l’animation culturelle dans la dynamique de la JAC… des jeunes qui avaient des ressources pour s’exprimer ». Il ajoute : « Auguste était notre leader, un autodidacte très cultivé avec une grande ouverture culturelle ». Ce que confirme Maurice, « Auguste était un peu notre grand frère, notre référence poétique ».
Ce nom, « les quatre + un », trouve son origine dans la composition du groupe avec quatre garçons face à la scène, André, Auguste, Jacques et Maurice et un pianiste en coulisses : Jean-Clément.
« Auguste, c’était le patron avec Maurice comme directeur technique pour les chants. Maurice chantait très bien. La direction artistique était assurée par Jean-Clément qui était très exigeant » confirme André dit Dédé.
« Le dimanche on répétait chez Dédé, parce qu’il y avait dans la salle à manger une grande glace dans laquelle on pouvait se voir. Ensuite les répétitions avaient lieu dans la salle de patronage de Saint-Julien où se tenaient le plus souvent nos représentations, » dit Jean-Clément.

Maurice se rappelle : « Avant de passer sur scène, Auguste avait toujours cette phrase ; « hé les gars, des gueules » ce qui voulait dire de ne pas oublier de mimer et de bien jouer les rôles ».
« En effet toutes nos chansons étaient mimées » affirme Dédé.
« Nous chantions ensemble des chansons comme « la St Médard », « la Gavotte des bâtons blancs », « le Général Castagnétas », « la queue du chat » ajoute Jacques.
« Les séances étaient ponctuées de nos textes à nous… des sketches humoristiques comme « Variations sur une absence de thème » que je jouais avec Auguste » complète Dédé.
« Auguste, quand il était satisfait de nos représentations, nous disait : c’était « foutral les gars » se rappelle Jean-Clément.
L’année 1954, la troupe connait un succès qui dépasse le cercle cantonal comme le relate la presse de l’époque.
« On avait peu à peu du succès puisqu’on a fait quand même la première partie des « 4 barbus » à Ancenis ! » dit Maurice.
« Nous étions demandés dans différentes fêtes du département » dit Jean-Clément qui a consigné sur une fiche l’ensemble des représentations de 1954 et 1955.

« Pour les représentations extérieures, ce n’était pas toujours une petite affaire » ajoute Jean-Clément, « je me souviens qu’il fallait grimper le piano dans le fourgon Citroën du père de Jacques, comme celle du 4 avril 1954 à la Boissière du Doré d’autant que Jacques avait à peine 18 ans. Il nous y a emmené sans permis mais il conduisait depuis qu’il avait 14 ans ! ».
Mado PRAUD se souvient également : « nous, les filles on a voulu se lancer dans les ballets, scénettes et autres chants mimés… Mais Maurice et Auguste étaient très critiques en disant à l’envi que nos prestations n’étaient pas assez scéniques ».
Dédé Pétard se rappelle aussi quelques frictions : « Dans la troupe je n’ai pas voulu qu’on chante la chanson « Général à vendre » de Francis BLANCHE, car je trouvais que là on se moquait trop de l’armée et du général De Gaulle. Depuis j’ai regretté car c’est une chanson pleine d’humour. D’ailleurs j’en ai parlé depuis à Paul Roussel de Teillé qui lui, avec sa troupe, avait adopté cette chanson grâce à nous »
Ce que confirme Paul : « À 23 ans, j’assiste à un spectacle à Saint-Julien-de-Concelles : j’ai été subjugué par sa qualité et ébloui par le chant mimé de la troupe locale. C’est grâce à eux qu’on a monté la troupe des « Variétés de Teillé » qui continue encore*. D’ailleurs nous avions gagné la Coupe de la Joie à Annecy avec la chanson Le Général à vendre » !
* « New rancard » à Teillé











