Le jeu de la vie au village

1955.

Ce 1er mai 1955, en plus des spectateurs, c’est plus de 500 jeunes qui se rassemblent au chef-lieu de canton du Loroux-Bottereau.

Cette fête inédite est organisée sous l’égide du mouvement local de la JAC et de la JACF et sous le patronage du journal « La résistance de l’Ouest ». 

Le programme du matin est centré sur deux activités : le rallye du jeune travailleur et le concours de la fée du canton.

L’après-midi une série de différents spectacles en plein air est proposée avec en point d’orgue en fin de soirée une séance théâtrale : « Le jeu de la vie au village ».

Certains acteurs de cette journée vécue il y a bientôt 70 ans nous la font revivre.

« Après le congrès de Blain on aimait bien se retrouver ensemble, nous le groupe de jeunes qui l’avions préparé, se rappelle Clément LAMY du Loroux-Bottereau, « on avait 25 ans et se retrouvait ensemble certains week-ends, je me souviens de bons moments ensemble à Ruffigné, au Lac de Guerlédan, on chantait… On refaisait le monde !» 

Clément se souvient que « l’idée de faire un jeu scénique est venue d’André LALIER, un autre Lorousain qui était lui aussi dans le comité d’organisation du congrès de Blain. Auguste HIVERT a tout de suite adhéré à cette idée et ils ont su mobiliser autour d’eux ».

 « Le jeu scénique a été monté par une petite équipe autour de l’abbé Michaud qui était à cette époque notre aumônier de la JAC » confirme Denise BOURGOIN, alors militante JACF du Canton. 

Notes d’André Lalier

« André avait une « bonne plume », c’était, avec Auguste, l’intellectuel de la bande. André avait fait des études secondaires et se préparait à la prêtrise ; la plupart d’entre nous avions seulement le certificat d’études mais la JAC et JACF ont été pour nous un espace réel de formation continue » ajoute Denise.

« Le scénario bâti par Auguste était dans le même esprit que celui du congrès de Blain », souligne Clément Lamy : « comment des jeunes garçons et filles avec courage et détermination souhaitent bâtir un monde plus humain et plus juste face au conservatisme et aux forces de l’argent… A l’époque le propos ne plaisait pas à tous ceux qui allaient à la messe… »

« André LALIER écrivait les dialogues mais Auguste ne prenait pas de gants pour élaguer certains textes » affirme Clément qui ajoute : « Il a fallu mettre en scène tout le monde… Avec Jean-Clément PRÉAUDEAU qui jouait le rôle du jeune homme il n’y avait pas de difficulté mais pour beaucoup d’autres ce n’était pas simple… il a fallu faire de longues répétitions… »

Denise précise : « Clément Lamy et André Bourgoin, mon frère, étaient chargés de l’estrade pour le jeu scénique. Elle était soutenue par des barriques… »

Jean-Clément PRÉAUDEAU ajoute : « Moi je jouais effectivement le jeune homme, il fallait connaitre son rôle certes mais surtout bien mimer les personnages car les textes et les musiques étaient enregistrés »

Les répétitions sur l’estrade portée par des barriques avec Jean-Clément PRÉAUDEAU au premier plan 

Clément précise : « Grâce au magasin d’électro-ménager Belloeil de Nantes (situé à droite du théâtre Graslin) on a fait les enregistrements dans la salle du patronage derrière le cinéma… On a enregistré l’ensemble des rôles. André LALIER en faisait plusieurs ainsi que Maurice et Maryvonne LEFEUVRE et aussi Thérèse PERRON qui est devenue ensuite ma femme. Auguste avait le rôle du narrateur et parlait un peu d’une façon déclamatoire ! »

Dialogues et notes de mise en scène d‘André Lalier et de Clément Lamy

« On a enregistré les rôles dans une pièce calfeutrée » précise Denise : « Je me souviens. J’ai prêté entre autres ma voix à une ouvrière agricole… J’avais oublié le « de » dans la phrase « ils n’ont pas besoin de nous » et Auguste m’a fait refaire à deux reprises l’enregistrement… » 

Jean Clément ajoute : « on a enregistré aussi chez le docteur Dupont « La symphonie du nouveau monde » qui servait de thème musical au spectacle. « Lors de la répétition du dimanche matin la bande s’est enrayée » se souvient Clément « et il manquait un bout. Alors on est allés refaire l’enregistrement de fin en urgence chez le docteur DUPONT ».

Thérèse PERRON-LAMY, la femme de clément, précise : « Henri PERRON, mon frère, travaillait à « La résistance de l’Ouest » (Presse-Océan aujourd’hui). Il a assuré la promotion de notre manifestation en faisant plusieurs articles ». 

La résistance de l’Ouest du 24 avril 1955

C’est la dernière grande fête de la JAC que nous avons fait ensemble, conclut Clément LAMY. Certains se sont mariés, d’autres sont partis ensuite pour de nouveaux horizons, mais nous sommes tous restés très proches.


L’enregistrement audio

Ci-joint L’enregistrement de l’ensemble du spectacle « Le jeu de la vie au village » avec quelques illustrations et textes joints.


Merci à Thérèse et Clément LAMY, Jean-Clément PRÉAUDEAU qui m’ont plusieurs fois accueilli chez eux en 2016 et 2017 et transmis les documents qui illustrent ce récit. Merci à Denise BOURGOIN pour son témoignage plus récent.

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